amour pmr

  • Témoignage de T. (Partie 1)

    Témoignages.jpgDans notre thématique plaisir...

    T. nous parle de "l'amour PMR" sans retenue. Il nous a concocté un texte voluptueux où il dévoile tout un champ de possibilités. Et oui ! pourquoi se limiter simplement parce que nous sommes en fauteuil ? Ne laissons pas libre cours seulement à notre imagination ! Passons aux actes, et laissons-nous envahir par le plaisir !

    Nous vous proposons le témoignage de T., sous forme de trilogie ! Car le plaisir c'est aussi ça... L'attente de la suite...

     

    Propre et détendu (Partie 1)

    Vivre un corps à mobilité réduite c’est un peu comme vivre un confinement à perpétuité. Une impression d’enfermement permanent. De fait on subit une immobilité relative qui induit souvent un sentiment de macération et d’ankylose doublés parfois de douleurs posturales et ou neurologiques que majorent des épines irritatives diverses.
     
    Donc en guise de préliminaires on aura, pour ma part au moins, à cœur de se sentir propre et détendu. Pour ce faire un moment de toilette suivie de soins de confort sera donc bienvenu.
    Idéalement dans un lieu adapté et si possible joliment décoré dans lequel régnera une ambiance douce et parfumée sans excès.

    Ces soins peuvent aussi se réaliser au lit ou au fauteuil.
    Le partenaire valide pourra proposer de déshabiller doucement la PMR puis le laver au gant avec douceur. Une cuvette , du savon, un drap de bain, une serviette et un gant feront l’affaire si la salle d’eau n’est pas accessible.

    C’est le moment de la découverte du corps de l’autre. Un dialogue détendu et des gestes attentifs contribueront à apaiser la relation. Rien ne presse.

    L’observation mutuelle est déjà une forme de plaisir. Se laisser regarder et regarder l’autre. Laisser ses yeux découvrir ce qui est caché. Laisser les mains dévoiler et tâter, frotter, caresser, masser, détendre.

    Laisser les sens s’émouvoir avec bienveillance et se laisser aller aux mains de l’autre.
    J’adore partager ces soins de propreté et je trouve terriblement excitant d’avoir une femme qui s’accroupit pour me laver les jambes et les pieds ou qui se glisse derrière moi pour s’occuper de mon dos ou de mon torse et de mes bras.
    Glisser mon regard dans son décolleté et y entrevoir l’aréole d’un sein ou dans l’échancrure d’un peignoir qui dévoilera ses jambes et peut être un peu plus si elle y consent s’offrant à mon regard.

    Les ablutions peuvent se partager intégralement ensembles ou à tour de rôle selon les envies et les possibilités. Laver l’autre c’est aussi un jeu érotique.
    Si ces gestes éveillent un peu de gourmandise pourquoi ne pas se déguster en guise d’apéritif ? S’ouvrir l’appétit.
    Je n’hésite jamais à montrer mon envie d’en voir plus ou d’en offrir plus.
    La position assise rétracte le pénis et comprime les testicules aussi selon les possibilités je me placerai bassin avancé pour me dégager pour une toilette intime tout en veillant à ne pas tomber en cas de spasticité des MI.
    Selon le degré d’excitation cette partie de la toilette peut se transformer en caresses plus appuyées pour encourager une érection. Là encore pas de précipitation ni de prise de risque de glisser ou tomber !

    Dans cette position le sexe oral, la masturbation , les masturbations réciproques ou le fait d’être chevauché de face ou de dos sont possibles. Il faudra surtout veiller à bien freiner son fauteuil voir à se caler le long d’un meuble ou d’un mur pour ne pas partir en arrière. La partenaire pourra avantageusement se tenir au lavabo ou à la baignoire pour se pousser vers le sexe tendu vers elle sans qu’il soit besoin de bouger le bassin plus avant.

     Se frotter, se goûter, se lécher, se caresser, tout ce qui peut faire du bien sera bienvenu !
    L’emploi d’accessoires sans risques de blessures peut agrémenter aussi ce moment de jeux érotiques que seule l’imagination limitera.

    Dans une douche ou une baignoire on pourra aussi se laisser aller à uriner sans crainte. Pour un paraplégique voir ou sentir quelque chose couler de son sexe peut être source de plaisir. Se laisser aller sans retenue si ce sentiment de transgression est accepté par les deux partenaires. On est encore dans le lieu de propreté et la douche ou le gant effaceront ces débordements chauds et dorés.
    Ces pratiques de voyeurisme, d’exhibitionnisme et de transgression renforcent la complicité.
    L’emploi de glaces et de miroirs ajoutera au regard que l’on pose sur soi-même et sur l’autre. Un levier qui peut être positif pour sa propre psyché tout en esthétisant la scène.


    Le séchage avec des serviettes douces suivra voir aussi avec un sèche-cheveux pour éviter les macérations.

     

    A demain !