11/05/2017

10 ans plus tard (2/4)

Tout le monde en parle…

Des livres, des films, des émissions à la télé, à la radio, des articles dans la presse écrite, des conférences ouvertes au public et non plus réservées aux professionnels de la profession, des expositions photos également… Sans parler de toutes les discussions sur Internet, forum, blogs, Facebook, Twitter ! Ces dix dernières années, personne n’a échappé à la question de la sexualité des personnes en situation de handicap et tout le monde s’est forgé une opinion.

Dix longues années qui ont permis au grand public de prendre conscience, que non, définitivement non, les « Zandicapés » ne sont pas des anges asexués et que, oui, trois fois oui, ils et elles ont envie/besoin/droit à une vie sexuelle. Merci monsieur et madame Tout le monde !

Pour autant, quand on entre dans le vif du sujet, là, on sent comme une légère réticence. Ça coince un peu aux entournures… L’assistance sexuelle, le mot est lâché et fait lever pas mal de boucliers. Si l’idée d’une sexualité de l’handicapé existe, elle reste encore très (trop) fantasmée. Vulnérabilité, frustration, ghettoïsation, tous les clichés sur le sujet sont de sortie. Le grand public a entendu mais n’a pas forcément compris que les personnes en situation de handicap ont parfois besoin d’un tiers dans l’exercice de leur sexualité, l’assistant(e) sexuel(le).

Nous avons donc tous un avis sur la question mais ce qui compte, au final, c’est qu’une personne en situation de handicap ait le choix de vivre sa vie sexuelle, avec ou sans assistance. C’est là, tout le sens du combat que mène CH(s)OSE.

Julia Tabath

Présidente de CH(s)OSE

27/04/2017

10 ans plus tard (1/4)

3 questions à Pascale Ribes, vice-présidente de l’APF et de CH(s)OSe

Quel souvenir gardez-vous du colloque de Strasbourg « Dépendance physique : intimité et sexualité » d’avril 2007 ?

Je garde un souvenir ému de ce colloque dans lequel l’APF s’était fortement impliquée aux cotés de 4 associations. D’une grande charge émotionnelle il a permis d’exposer publiquement la souffrance des personnes qui ne peuvent, sans aide, vivre leur sexualité, une sexualité épanouissante, celle qu’elles ont choisie.

Pour la première fois, les personnes en situation de handicap elles-mêmes revendiquaient l’accès à leur sexualité ! Elles ont témoigné de leurs désirs, de leurs envies, de leur détresse et de la violence ressentie par la négation de leurs besoins en la matière. Ce colloque a été fondateur de notre action par la suite.

Quelle suite l’APF a-t-elle donnée à cette nouvelle impulsion ?

Le Conseil d’Administration de l’APF a pris publiquement position en 2009 pour revendiquer un droit effectif à une vie affective, sentimentale et sexuelle. En 2011 son Assemblée Générale adoptait une motion pour réclamer la création de services d’accompagnements sexuels. Pour porter ses actions, l’APF a fait le choix de l’inter-associatif, d’abord au sein du collectif handicaps et sexualités. Puis elle est devenue membre fondateur du CeRHeS et de CH(s)OSe , deux associations dans lesquelles elle s’implique fortement.

Et aujourd’hui, pensez-vous que la situation a évolué ? L’APF a-t-elle gagné son combat ?

D’abord c’est un combat collectif ! L’APF poursuivra ce combat jusqu’au bout mais c’est ensemble avec les autres associations et avec la société civile que nous le gagnerons. Aujourd’hui il est loin d’être gagné. Avec la pénalisation du client, nous avons même fait un pas en arrière pour la mise en place d’un service d’assistance sexuelle. Si le sujet est aujourd’hui plus connu et reconnu, plus que jamais il nous faut militer avec force et détermination pour faire entendre notre voix.

 

 

10 ans plus tard

A l’occasion de l’anniversaire du colloque de Strasbourg « Dépendance physique : intimité et sexualité» d’avril 2007,

CH(s)OSe revient dans une série d’articles sur ces 10 années passées. Au travers de différents témoignages, interview et articles, nous vous proposons de revivre les progrès, les espoirs et les combats qui nous animent.